Peillac. Le programme complet de la fête aux fruits d’automne

Le marché aux fruits d’automne de Peillac se déroulera les 20, 21 et 22 octobre prochain. Coeur de la fête des fruits de l’automne de Peillac, le marché s’organise autour de la promotion du marron de Redon.
Quand le marron s’exportait jusqu’en Grande-Bretagne, Peillac en était un des trois grands centres de commercialisation avec Redon et Limerzel. Les charrettes, les jours de marché, montaient à touche-touche depuis le Pont d’Oust jusqu’au carrefour des « quatre routes » à l’entrée du Bourg, soit sur deux kilomètres. Les grossistes étaient nombreux sur la commune et le marché hebdomadaire se tenait sur la Place de l’Eglise.
La châtaigneraie peillacoise se trouvait pour l’essentiel sur les coteaux dominant l’Oust et à un moindre degré sur les pentes descendant vers l’Arz. Cette localisation, ajoutée à la mécanisation et à la spécialisation de l’agriculture, a fait pratiquement abandonner cette production aujourd’hui.
Le circuit d’interprétation du châtaignier, créé en 1993 sur la butte de « Cranhac » dans le cadre du grand site naturel de la Basse Vallée de l’Oust, a pour objectif de conserver la mémoire des savoir-faire dans ce domaine comme dans celui des autres formes d’exploitation de cet arbre prestigieux (arbre à bois, arbre à fendre pour les cercles de barrique, les piquets, les bouchots, les nasses à anguilles, les casiers à homard, …).
La promotion des fruits d’automne
Le marché des fruits d’automne relève du même esprit avec pour but principal de stimuler les producteurs locaux et de faire découvrir aux enfants de la commune les traditions liées à la châtaigne.
Après avoir recensé les châtaigniers greffés dont la production ne serait pas ramassée et après s’être mis d’accord avec les propriétaires sur une indemnité compensatrice, les parents d’élèves dans les quinze jours précédant la fête procèdent au nettoyage des aires de ramassage, et avec leurs enfants à la récolte des châtaignes.
Celle-ci est commercialisée, pour l’essentiel, sous forme de châtaignes grillées. De cinq cents à mille kilos passent, ainsi, par les trois grilloirs installés sur la Place de l’Eglise et sont servis dans des barquettes sous la taverne aux marrons où l’on déguste le cidre nouveau.
Si le marron est la production reine, les autres fruits de l’automne ne sont pas oubliés : variétés de pommes locales, noix, noisettes, champignons, miel, blé noir, citrouilles, et autres cucurbitacées …
Des expositions, la fabrication du cidre à l’ancienne au pressoir, la fabrication et la dégustation de galettes de blé noir, des concours de desserts, cidre, complètent cette promotion originale des produits de l’automne.
Un esprit convivial
Pour agrémenter le marché, la promotion des fruits d’automne est associée à de nombreuses animations et expositions.
Pour les enfants, un espace intitulé « l’école buissonnière » leur est dédié : maquillage artistique sur le thème de l’automne, jeux buissonniers, bricolage et contes.
Les vitrines décorées aux couleurs de l’automne, les démonstrations de vannerie, de fabrication d’essentes (ou bardeau) de châtaigniers et de ferrage de chevaux participent au climat festif et à la promotion des activités traditionnelles du pays

Et bien chantez maintenant!

LE REPAS CHANTE

Institué lors de la 2ème édition de la fête des fruits de l’automne, le repas chanté constitue un des grands moments de la manifestation peillacoise. Le dîner a lieu le samedi et est suivi d’un fest-noz.
Au cours de ce repas, le répertoire chanté tourne pratiquement exclusivement autour des chants à boire et de table de Haute Bretagne. Que ce soit dans les airs à la marche, les airs à
danser ou les mélodies, la table et la boisson ont inspiré les compositeurs locaux. Ces chansons,
moins usées, souvent plus inspirées et délirantes que les chansons bourguignonnes ou
parisiennes relatives à la dive bouteille et aux mets délicats, sont aujourd’hui mal connues.
L’objectif du repas chanté est de les réinsérer dans le tissu local pour qu’elles soient reprises
dans les noces, banquets et autres manifestations conviviales du pays.
Les textes sont, soit du cru (chants à dizaine …), soit du répertoire traditionnel du genre. Dans
ce dernier cas, la mélodie est toujours originale et les textes sont donnés dans leurs versions
primitives. Que l’on en juge par les extraits de ces trois chansons :

I
Moi je bois, je chante, je ris
Je fais mon purgatoire ici
Mais j’voudrais dans l’autre monde
Aller tout droit dans l’paradis (chanson des cercliers)
II
Rentrerait dans ton gosier
Je voudrais que la citerne
Et tu ne m’a rien rapporté
T’as dépensé mon mariage
Sac à vin d’où t’en viens-tu ?
D’où viens-tu pochard d’ivrogne
III
Amis, mes chers amis buvons
Sans jamais perdre la raison
Entends-tu ma blonde
Le soleil qui gronde
La mer qui s’enfonce
La terre qui s’enfuit
Nous voilà partis
Adieu, mes chers amis

A quelques exceptions près, ces chants sont à répondre et créent immédiatement un climat festif. Afin de permettre à chaque convive de participer, un livret de chant lui est proposé au début du repas.

LA BALADE CHANTEE

Cette balade originale se déroule le dimanche matin, dans les superbes châtaigneraies parant les coteaux de la vallée de l’Oust, classée grand site naturel. Reprenant les traditions de cortèges chantés de mariage, de déplacements quotidiens
chantés liés à l’activité agricole, elle a pour objectif de sauver et réactiver un répertoire fonctionnel et envoûtant en lui donnant une nouvelle raison d’être.
Le propos est bien de réunir des personnes désireuses de découvrir un répertoire de chants à la marche, ludique et fonctionnel ainsi que découvrir ou redécouvrir un site naturel assez formidable…
D’une longueur de 8 kilomètres environ, la balade chantée dure environ 3 heures, de 10 h00 à 13 h 00. Les organisateurs promettent un parcours original pour cette nouvelle édition offrant la découverte de nouveaux chemins peillacois.
Le répertoire
Il est considérable en pays d’Oust et de Vilaine. La forme privilégiée d’expression, dans ce domaine est, il est vrai, le chant à dizaine, qui facilite et favorise la composition.
Préférant l’expression musicale à la recherche des mots, les compositeurs locaux (souvent des sonneurs, des musiciens) se contentaient souvent d’inventer un texte réduit, répété dix fois, plutôt que de raconter une histoire. En outre, cette technique permettait, notamment dans les cortèges de mariage, aux invités extérieurs de s’approprier rapidement les textes et donc de participer activement à la fête.

Y’a bien dix ans la belle } bis
que nous allions aux bois }
j’allions cueillant la rose
j’allions cueillant la noix
T’en souviens tu mignonne
T’en rappelles tu de moi
Y’a bien neuf ans la belle …
etc.
ex
C’est à 10 heures, au bord de l’eau (bis)
à la pêche à l’anguille, l’anguille
à la pêche aux « garciaux », dans l’eau…
C’est à neuf heures …

Souvent aussi, les compositeurs populaires se tournaient vers des textes connus de chansons, multipliant ainsi les versions musicales de celles-ci.
Ainsi, chaque commune du pays de REDON possède une version différente de « la cour (aux marches) du palais» ou de «mon père a fait faire un étang », bien connue au Québec.
Une bonne partie du répertoire de chants à la marche était liée au mariage et à son rituel. On retrouve dans les textes l’évocation de ses différentes phases, y compris de celles des jours précédant ou suivant le mariage proprement dit. Il n’est pas étonnant dans ces conditions que ces chants soient à prendre au 2ème voire au 3ème degré.
Tous ces chants ont une particularité, celle de faire « lever le pied », de donner du rythme aux marcheurs, en leur faisant oublier fatigue et soucis et de créer une sorte d’euphorie collective, de transe ludique bien nécessaire en ces temps souvent moroses.



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